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Atalante


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Inscrit le: 08 Déc 2009
Messages: 9

MessagePosté le: Mar 16 Fév - 10:02 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Nous avons la triste nouvelle de vous faire part du décès, contre toute attente, de

"Le Jura débat",
pseudo-forum de débats

Son géniteur dans la peine (dont personne n'a de nouvelles, sur ce forum, depuis fin janvier) : Julien Gunzinger
Ses 13 membres émérites (dont 2 ne sont jamais intervenus et dont 9 n'ont plus écrit de messages depuis fin janvier)
Ses frères et soeurs de la Fraternité sacerdotale St-Pie X et autres familles idéologiques alliées.

Le dernier adieu se vivra dans la stricte intimité (!) de ce forum... Sa vie a été discrète, son départ sera discret lui aussi...

R.I.P.


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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 10:02 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Julien Gunzinger
Administrateur

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Inscrit le: 29 Nov 2009
Messages: 55

MessagePosté le: Mer 17 Fév - 20:46 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

cher Atalante,

je suis désolé d'avoir à vous le dire, mais vous êtes décidément un débatteur malsain. Vous ne cherchez jamais à mener une discussion, votre seul but est de dénigrer, d'instruire des procès d'intention.
Il y a quelque chose de visqueux dans votre manière de procéder sur ce forum. Cela dit, je crois comprendre votre handicap:  comme vous êtes creux, vous ne pouvez pas vous permettre autre chose que des attaques latérales, biaisées. Vous ne pouvez pas vous permettre de discuter frontalement de vos préoccupation, sans quoi apparaîtrait au grand jour votre vacuité...

ceci dit, rien n'est éternel en effet, mon cher Atalante, à part certaines qualités morales comme la médiocrité qui inspire la plupart de vos interventions...

le pire c'est que vous ne vous en rendez pas même compte...

je vais soumettre vos interventions à un grand ami que l'on a en commun pour voir s'il porte la même appréciation que moi sur elles, vous savez le cureton épinglé par le Pierrot qui l'a affublé de l'épithète le plus flatteur de tout son journal.

ça m'a fait penser à cette petite phrase du Christ Mt 5,10 "Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux."

ça ne risque jamais de vous arriver naturellement! d'ailleurs je pense que vous êtes bien incapable d'en comprendre le sens.


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Atalante


Hors ligne

Inscrit le: 08 Déc 2009
Messages: 9

MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 08:46 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Ouf, vous êtes toujours vivant ! On se serait presque fait du souci...

Cela mis à part, je ne reviendrai pas sur vos commentaires, puisque je suis vide, creux et visqueux... En fait, je ne sais pas vraiment qui vous êtes, votre forum m'ayant été transmis par un lointain ami avec qui j'avais gardé des contacts depuis l'enfance et qui m'informe régulièrement, via internet, de l'actualité suisse et plus particulièrement jjurassienne... Qui est ce Pierrot qui aurait un journal ? Et ce "cureton" (j'ai même dû chercher le mot dans un dictionnaire...) ?

En bref, je constate qu'il se passe des choses étranges sur ma terre d'origine... cela ne me donne pas très envie d'y revenir.... Aaaah, l'exil doré au soleil presque éternel, quel luxe !

Mais le plus étrange, c'est qu'une fois que l'on devient membre de ce forum, plus moyen de se désinscrire ! Pourquoi donc cette prise en otage ? Parmi les 13 membres, combien souhaitent se désinscrire définitivement - comme moi - mais n'y parviennent pas parce que vous ne leur en laissez pas la possibilité ?


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Atalante


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Inscrit le: 08 Déc 2009
Messages: 9

MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 08:58 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

J'oubliais un ultime petit détail... Ce message est le dernier que je poste sur ce forum, sur lequel je m'engage à ne plus y revenir... même si, je n'en doute pas, vous aurez entretemps expliqué comment s'en désinscrire...

Comme nos amis catholiques ont commencé, semble-t-il, leur propre ramadan, eh bien disons alors que ce sera mon défi de "ramadan chrétien" ! Inch'Allah !


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Julien Gunzinger
Administrateur

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Inscrit le: 29 Nov 2009
Messages: 55

MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 09:14 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Mais le plus étrange, c'est qu'une fois que l'on devient membre de ce forum, plus moyen de se désinscrire ! Pourquoi donc cette prise en otage ? Parmi les 13 membres, combien souhaitent se désinscrire définitivement - comme moi - mais n'y parviennent pas parce que vous ne leur en laissez pas la possibilité ?


cher Atalante, je ne m'étais pas préoccupé de ce problème, n'y voyez surtout pas une intention de ma part de vous prendre en otage. je n'ai absolument rien fait dans ce sens, me contentant d'utiliser la plateforme mise à ma disposition.


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Julien Gunzinger
Administrateur

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Inscrit le: 29 Nov 2009
Messages: 55

MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 09:28 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Citation:
En fait, je ne sais pas vraiment qui vous êtes, votre forum m'ayant été transmis par un lointain ami avec qui j'avais gardé des contacts depuis l'enfance et qui m'informe régulièrement, via internet, de l'actualité suisse et plus particulièrement jjurassienne... Qui est ce Pierrot qui aurait un journal ? Et ce "cureton" (j'ai même dû chercher le mot dans un dictionnaire...) ?

En bref, je constate qu'il se passe des choses étranges sur ma terre d'origine... cela ne me donne pas très envie d'y revenir.... Aaaah, l'exil doré au soleil presque éternel, quel luxe ! (...)
Comme nos amis catholiques ont commencé, semble-t-il, leur propre ramadan, eh bien disons alors que ce sera mon défi de "ramadan chrétien" ! Inch'Allah !



naturellement je sais pertinemment que tout ce que vous dites est bidon, que vous maîtrisez aussi peu l'arabe que le contenu de la foi chrétienne. La première incompétence, au regard de votre charge, est sans dommage, pour la seconde, elle laisse quand même un peu à désirer.

au fait, ça vous pose pas un petit problème de vous constituer une boîte email en mon nom???


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Julien Gunzinger
Administrateur

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Inscrit le: 29 Nov 2009
Messages: 55

MessagePosté le: Ven 19 Fév - 13:38 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Atalante s'est constitué une boîte email à mon nom, je me suis donc permis de m'envoyer le petit message suivant:

Salut Julien, ici Julien



J’avais jamais fait encore cette expérience de m’adresser à moi-même via deux boîtes email. Manière de réfléchir à voix haute, en somme.

Je m’inquiète vraiment pour le brave Atalante, quel mal profond le ronge-t-il donc ? Car comment expliquer autrement sa façon de vivre sous le mode du fantasme ? Le pays qui a accueilli ses parents ou grands-parents lui fait-il à ce point horreur pour qu’il se fantasme désormais en exil dans un lointain pays constamment ensoleillé ? l’Eglise au sein de laquelle il exerce pourtant un ministère, lui inspire-t-elle une répulsion telle qu’il se fabule adepte du prophète aux moeurs douteuses ( n'oublions pas que Mohamed était un furieux adepte de l'égorgement de ses adversaires, notamment de tous les mâle de la tribu des Qurayza; il prit pour femme Aïsha, une fillette de 6 ans qu'il déflora à 9 ans, hâdith 67 39; il organisa des raids contre des caravanes mecquoises allant en syrie pour s'emparer de leurs marchandises) ? J’ai bien peur en effet que ce soit là le cœur de son trouble qui lui fait voir d’affreux intégristes de la fraternité St Pie X un peu partout et qui le conduit à ourdir des plans de sabordage contre un tout petit forum dont l’administrateur, sans être de la fraternité de St Pie X, apprécie évidemment la rigueur de ses théologiens et sa fidélité liturgique à une messe déclarée éternelle par St Pie V.

Pauvre Atalante, il va bien lui falloir rapidement se résoudre à comprendre que l’Eglise n’est pas née avec Vatican II, qu’elle est sainte depuis sa naissance au Golgotha, que jamais elle n’a erré, que toujours elle a su transcender la nature humaine et produire les plus hautes valeurs civilisationnelles de l’humanité…Je connais bien ce qui le retient à faire le pas pour devenir un vrai enfant de Marie, un vrai frère en Christ, un vrai amoureux de l’Eglise puisque j’ai été tout comme lui la proie de la même propagande anti-catholique( puisque j'ai été militant athée, marxiste, puis droit de l'homiste bien avant lui).

A courir derrière une Eglise fantasmée dans les termes des idéologues des Lumières et des gnostiques on perd tout simplement le contact avec l’Eglise réelle, celle que le Christ lui-même a bâti en formant des hommes et non pas en rédigeant des évangiles. Cette Eglise qui a pour cœur non les évangiles mais les vérités reçues dans la foi par Marie et les apôtres. Ces vérités qui, par la transmission apostolique, irriguent notre foi, nous font participer au corps mystique du Christ, nous rendant les évangiles intelligibles...espérons qu'Atalante nous revienne de cette affreuse maladie spirituelle qui gangrène l’occident depuis Luther ( je connais également bien cette maladie puisque j'ai été protestant, étudiant même sa théologie à l'université) et qui lui a fait prendre un virage idéaliste faute de pouvoir rattacher la vérité à la réalité : l’autorité infaillibles des apôtres, elle-même née du fiat de Marie. Bref espérons qu'Atalante abandonne toutes ces reconstructions foireuses du message du christ "à la lumière de l’événement pascal" qui conduisent à réduire la foi à une expérience. La logique qui anime cette herméneutique est une logique de déconstruction, puisqu’elle fait dépendre le fiat de Marie de la résurrection, alors même que c’est le contraire : sans fiat pas de résurrection !! Elle renverse toute l’économie du salut, celle-ci n’ayant plus un contenu objectif (Dieu exprimant sa volonté et se donnant) mais étant une continuelle ressaisie d’une « expérience originelle fondatrice », toujours plastique, merveilleusement ajustée aux impératifs du monde, plaçant donc l’expérience et la subjectivité au centre alors même que Marie est l’exemple même du contraire…Bref à courir derrière son Eglise fantasmée le pauvre Atalante ne peut que réduire Marie à une figure construite rétrospectivement. Si bien qu’il finit pas porter la hache à la racine même de l’Eglise. Pauvre Atalante, réduit à courir derrière une chimère sur les ordres de la propagande antichrétienne…il s’époumone, il affabule, il fantasme, il lui faut s’inventer des affreux ennemis - que la doxa, en fait, a choisi pour lui - et il ne se rend pas même compte qu’il se conduit de façon mille fois plus intolérantes que ces prétendus intolérants. Pourtant, tout est tellement simple, de cette simplicité que seuls les enfants comprennent « Tout comme vous n’existeriez pas sans un papa et une maman vous ne pourriez être les enfants de Dieu sans Jésus et son épouse. » dit en termes un peu plus élaborés: « qu’est ce que l’Eglise ? L’Eglise c’est Jésus-Christ, mais Jésus Christ répandu et communiqué »(Bossuet).


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Jean


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Inscrit le: 01 Déc 2009
Messages: 9

MessagePosté le: Dim 21 Fév - 10:22 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Cher Julien,

C'est, je pense, une belle description du mal qui ronge les modernistes, en effet. Sur le message du Christ ils plaquent une grille de compréhension du monde. Plus moyen ensuite de retrouver le Christ et son Eglise que dans une fuite en avant. Il faut toujours tout transformer puisque le point de départ n'est pas la vérité mais l'instabilité intrinsèque de la substance mentale. Ils prennent pour le déploiement de l'Esprit celui de leur propre esprit fécondé par l'orgueil. Mais en même temps ils ont une certaine conscience de la confusion dans laquelle ils sont. Les meilleurs sont vraiment en quête, ils n'ont malheureusement par reçu pas les bons outils, la bonne formation. Mais ils sont comme polarisés par les traditionalistes pour se mesurer à eux. Les moins bons sont aussi polarisés par les traditionalistes, mais pour tenter de les réduire au silence.


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Bebel


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Inscrit le: 01 Déc 2009
Messages: 21

MessagePosté le: Dim 21 Fév - 19:05 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

C'est sûr, Atalante a condamné ce forum dès ses premiers instants. Pourquoi? Il doit y avoir un conflit personnel entre lui et Julien à mon avis. Cela ne nous regarde évidemment pas. Mais ce qui est regrettable c'est de ne pas pouvoir véritablement parvenir à échanger sur le coeur du différend. Julien, on le voit bien, a une pensée qui puise dans la tradition. On peut ne pas la partager, mais pourquoi diable ne pas l'affronter rationnellement. En gros, je trouve qu'il a raison sur un point. Notre société est malade et elle est, à certains égards, totalitaire. Elle ne veut pas que certains points de vue soit médiatisés, elle organise leur bannissement. Pour moi qui suis libéral, c'est absolument inadmissible.

Je voudrais interroger Julien sur ce point. Lui qui se dit anti-libéral, ne voit-il pas que précisément notre société souffre d'un manque de liberté? Lui qui estime que de nombreuses idées n'ont pas voie au chapitre, n'est-il pas acculé à devoir exiger plus de liberté, un plus grand respect de la liberté d'expression?


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Julien Gunzinger
Administrateur

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Inscrit le: 29 Nov 2009
Messages: 55

MessagePosté le: Mar 23 Fév - 09:11 (2010)    Sujet du message: R.I.P. Répondre en citant

Je serais tenté de vous répondre que vous avez raison cher Bebel. Votre diagnostic est parfaitement posé. Il y a de nos jours une réelle régression de la liberté. Et cela se traduit notamment par l’étouffement, parfaitement organisé, de nombreux courants de pensée : en histoire, en philosophie, en théologie. Mais en disant cela j’entretiens en fait qu’un accord de façade. Car en fait ce que nous mettons sous le terme de liberté ne se recouvre pas, je le crains. Pour moi la liberté n’est pas une simple puissance de détermination, comme elle l’est pour le libéral, mais c’est une réalité positive. Sur ce point, le tradionaliste se retrouve, en apparence là aussi, plutôt dans le camp des marxistes quand ils dénoncent la dimension purement formelle de la liberté telle qu’elle est conçue par les libéraux. C’est d’ailleurs pourquoi après la guerre la déclaration des droits de l’homme a été complétée par des droits sociaux. Mais pour autant il y a une divergence de fond considérable également entre le marxiste et le traditionaliste, une divergence qui permet de saisir que le marxiste et le libéral se situent en fait sur le même terrain idéologique, terrain parfaitement étranger au traditionaliste. Le marxiste dira que les libertés politiques c’est bien beau, mais à moins de disposer de biens économiques suffisants, ce n’est qu’une chimère, il n’y a pas moyen de les exercer. En cela il est bien plus cohérent que le libéral dont le crédo c’est ( tout autant que pour le marxiste) que chacun est libre de se déterminer comme il veut mais qu’il n’accompagne d’aucun moyen réel pour la réalisation de cela. C’est bien pourquoi, sous la menace du communisme, l’Etat a été investi de la tâche de combler ce manque. Le marxiste réinjecte de la nature humaine, là où le libéral plane dans le pur formalisme. Il dit « à moins d’avoir un minimum d’aisance matérielle il n’y a pas moyen d’exercer nos libertés politiques ». L’individu qui ne jouit pas de ces biens est aliéné, il n’est pas réellement libre, cette liberté lui fût-elle, par ailleurs, garantie. Le marxisme opère donc à partir d’une idée de l’homme "réellement libre", à partir d’une idée de ce qu’est la liberté, donc à partir d’une idée de l’homme. Et c’est homme naturellement, pour le marxiste, est l’homme matérialiste, cet homme tout entier aux prises avec la matière, soucieux de la transformer à son profit, voué essentiellement à la production et la consommation, qui n’a pas une vocation spirituelle à réaliser. en fait le marxisme dit la vérité du libéralisme, car pour le libéral également, il n’y a pas d’ordre spirituel qui surplombe le destin de l’homme, l’homme sera ce qu’il décide d’être, il est animé que de son seul intérêt privé, rien de transcendant ne s’impose à lui.
C’est là que se creuse le grand fossé avec le traditionaliste qui lui opère avec une idée de l’homme radicalement différente. Pour lui l’homme est aliéné tant qu’il n’agit pas conformément à sa nature humaine. Pour lui il n’y a aucune liberté dans le dérèglement des sens, dans le refus d’admettre la loi naturelle comme norme indépassable de conduite. Tous les élans de la subjectivité qui transgressent la loi naturelle sont source de servitude, de destruction, principe de mort.
C’est pourquoi, pour le traditionaliste un régime qui permet un égal droit pour toutes les doctrines de s’exprimer, qui tolère la propagation des valeurs de mort ne saurait jamais produire de la réelle liberté mais tout au contraire, à terme, engendrer de l’asservissement par l’avilissement. Le traditionaliste considère donc que nos régimes actuels qui se gargarisent du mot de liberté, se présentent comme les champions de la liberté sont en fait tout le contraire. Vous me direz « mais alors vous justifiez l’usage de la censure ? de quoi dès lors vous plaignez-vous ? » et vous aurez tout à fait raison de me dire cela, puisqu’effectivement pour moi un certain usage de la censure est tout à fait légitime, c’est en parfaite cohérence avec mes thèses. En fait la vie en société ne peut être organisée qu’autour d’un noyau de dogmes, la politique est toujours, à un certain niveau, la projection d’une religion, occulte ou parfaitement assumée. Ainsi le libéralisme recourt lui aussi à la censure ( c'est d'ailleurs de cela que l'on discute) et on ne parle pas du communisme. O pas de façon musclée, non. Il n’a pas besoin de recourir à cela. Ou plutôt il n’en a plus besoin là où la religion qui le sous-tend est devenue dominante. Mais pour qu’elle le devienne il fallut que soient versés des fleuves de sang, il fallut la terreur, le populicide de Vendée, les guerres napoléonienne. Mais tout cela n’était pas encore suffisant. Car encore une fois, le projet de la révolution n’est pas politique. C’est un projet de refonte totale de l’humanité, de ses valeurs, de ses principes philosophiques, moraux et spirituels. C’est un projet ultimement religieux.

Il n’y a rien de plus hilarant, pour celui qui se donne un peu les moyens de comprendre l’état de notre civilisation, que de se plonger dans les auteurs des Lumières, celles que l’on nous présente comme la référence absolue de notre éthique démocratique. Les Lumières qui auraient été les grandes championnes de la liberté contre tous les obscurantismes, les Lumières championne de la tolérance.

Or dès que l’on se donne la peine de lire nos grandioses « illuminés », on se rend compte que le contraste entre la propagande et la réalité est total. Les hommes des Lumières étaient tout saufs des zélateurs de la liberté. D’ailleurs pour eux, la liberté n’existait pas, l’homme n’étant qu’un simple matériau déterminé par des causes extérieures. Ainsi selon le baron d’Holbach, l’homme "est dans chaque instant de sa vie un instrument passif entre les mains de la nécessité" n’est qu’une "machine", une "horloge", un "clavecin sensible et animé". Pour un Voltaire, le peuple ne mérite pas d’accéder à la connaissance, il en est totalement indigne. "Le vulgaire ne mérite pas qu’on songe à s’éclairer" écrit Voltaire. " écrit-il. La vérité, explique-t-il encore, "n’est pas faite pour tout le monde. Le gros du genre humain en est indigne". Aux philosophes revient le devoir de créer un système politique qui, tirant parti de cette ignorance entretenue, produira les meilleures conséquences pour tous, étant convenu que les hommes ne sont que des ventres sur pattes, mus par des causes sur lesquelles ils n’ont aucune prise.
Comme l’homme est la résultante de conditionnements extérieurs, il n’y a de nature humaine que sensible, si bien que les races sont différents. En conséquence, les auteurs des Lumières sont également de fiévreux racistes. Voilà ce que Voltaire écrit, par exemple, des noirs "leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses". Les Juifs ne s’en sortent pas mieux à ses yeux "Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent". Buffon le célèbre naturaliste français, étend son racisme aux paysans français qu’ils dotent des mêmes caractéristiques que les peuples inférieurs. Selon lui, ils sont « grossiers, pesants, mal faits, stupides, et leurs épouses, presque toutes laides". Voltaire, naturellement, abonde dans son sens. Ce sont, selon lui, "des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux... partant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes ; ayant peu d’idées et par conséquent peu d’expressions ... ; se rassemblant certains jours dans une espèce de grange pour célébrer des cérémonies où ils ne comprennent rien... »
Tout l’enjeu, pour les hommes des Lumières, est de façonner cette terre glaise à l’état brut que forment les peuples pour l’adapter à leurs vues. Georges Gusdorf écrit à ce sujet "ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l’homme nouveau selon les voies et moyens d’une pédagogie totalitaire, dont on retrouve les linéaments dans les Traités d’Helvétius, de d’Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l’oeuvre réformatrice des législateurs révolutionnaires. L’intention des Lumières est orientée vers la formation en série de citoyens coulés dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation générale"

La ruse suprême des délires de nos illuminés, dont sont sortis tous les totalitarismes, a été parfaitement résumée par Voltaire. "Le bien de la société exige que l’homme se croit libre". Toute la manœuvre consiste donc à agiter le chiffon rouge de la liberté sous les yeux du troupeaux- composés d’ineptes hagards - pour le mener où on veut le mener. Et en premier lieu il faut le faire participer au grand renversement de l’ordre ancien. Car c’est dans la dynamique même du pervers que de faire adhérer sa victime à ses vices, que faire prêter la main du plus grand nombre aux crimes qu'il perpètre. Ce qui est visé c’est de faire abandonner au peuple ses habitus hérités des siècles de civilisation chrétienne et classique. Ce n’est qu’une fois que le peuple aura profondément opéré sa mue, lorsqu’il sera conforme à ce qu’il est dans l’esprit des géniteurs de l’ordre nouveaux, un vulgaire matériau à la disposition des illuminés, que l’inspiration profonde des Lumières ( de la modernité) se sera concrétisée. Et tout cela, notez le bien, au nom de la liberté. N’est-ce pas fantastique ?
Ce qui est central, c’est de bien saisir que l’histoire de la modernité est entièrement balisées par une philosophie qui réduit l’homme à une nature humaine purement sensible, sans aucune vocation spirituelle. Il fallut donner la chiquenaude à ce mouvement. Ce fut l’oeuvre de la révolution, puis comme un torrent roulant sur une pente favorable, il n’a eu de cesse de tout entraîner sur son passage. Les principes philosophiques ont épousé mille et uns visages, comme celui du marxisme, du libéralisme, du naturalisme, du modernisme, de l’écologisme politique, du fascisme, de l’existentialisme. Par moment il s’est crispé dans des formes extrêmes, comme le communisme et le fascisme, pour sauver le logiciel alors que le réel ( la réalité sociale et économique) s’insurgeait. Depuis il a investi dans des méthodes de manipulation plus douces: les mass médias ( toute l’industrie du spectacle) et le conditionnement idéologique de l’école publique. Ce sont eux qui ont essentiellement à charge de promouvoir le visage qui est le sien de nos jours : le multiculturalisme. Celui-ci consiste essentiellement à dire que ce ne sont pas les valeurs morales et les principes transcendants qui constituent ce que les hommes ont de plus précieux, mais qu’il faut organiser le grand brassage, tout dissoudre pour permettre la paix, la société d’abondance, la tolérance, la liberté. Au nom de la liberté de nos chères petites têtes blondes à choisir leurs propres valeurs, leur propre religion, on décide, par exemple, qu’il faut qu’à l’âge de 6 ans elles soient confrontées à la diversité, que toutes les religions doivent leur être présentées, toutes les cultures. On développe ainsi l’idée que tout se vaut, on réduit leur esprit en une bouillie indifférenciée en les empêchant de se fixer sur des repères solides.
Mais depuis le 11 septembre, le processus s’est soudainement emballé. L’élimination de populations civiles par centaines de milliers au nom des droits de l’homme a pris une nouvelle dimension. On commence à se demander si l’affreux Bush n’a pas servi d’épouvantail pour mieux nous vendre Obama derrière. Dans cet emballement de la fureur, nombreux sont ceux qui soupçonnent que quelque chose cloche : Obama envoie des milliers d’hommes en Afghanistan, mais il reçoit le prix nobel de la paix ; Obama prétend lutter contre la crise économique, mais il s’est entouré des pires raclures de Wall Street qui sont à l’origine de la crise ( Tim Geithner, Lawrence Summers) ; les révolutions colorées, que l’on présente comme des mouvements spontanés, s’avèrent n’être que des sordides opérations de subversion organisées par les services secrets britanniques et américains ; les banques ont été renflouées par milliers de dollars mais on ne remet surtout pas en cause la dérégulation monétaire, le principe même de l’argent dette qui est à la source des crises depuis un siècle ; on commence à comprendre les liens qui existent entre la dévastation des structures traditionnelles, comme la famille, et l’explosion de la délinquance, l’effondrement de culture classique et les nouvelles orientations pédagogiques mais on il faut continuer d’avancer à grands pas dans le même sens ( projet de mariage homosexuel, réforme harmos, pédagogie constructiviste) ; aucune étude scientifique n’a établi une quelconque nocivité de la fumée passive mais partout il faut interdire la fumée dans les lieux de convivialité. Et rien dans les médias dominants ne doit filtrer de ces inquiétudes et contradictions, ou alors de façon allusives, juste pour servir d’alibi : « voyez on en a parlé ». En fait, l’écart entre l’idéologie et le réel devient tel que l’on sent que tout le système se raidit, que partout les espaces de liberté pour en discuter se résorbent, fondent comme neige au feu. Des libéraux authentiques s’en indignent, mais c’est qu’ils n’ont pas compris la logique d’ensemble du processus. Ils n’ont pas compris que la démocratie libérale n’était viable, qu’elle était capable de promouvoir authentiquement le bien commun que lorsqu'elle reposait encore largement sur des habitus, des valeurs qu’elle n’avait pas engendrés, mais dont elle avait hérité. Je comprends le désarroi des libéraux authentiques. Mais eux ne comprennent pas, malheureusement, que les procédures démocratiques concourent au bien commun pour peu qu’elles soient irriguées par une culture de vie et non par une culture de mort. Or le processus de fond qui travaille notre culture depuis des siècles vide « l’homme de sa substance », comme disait Bernanos. Il est fondamentalement dressé contre la nature humaine. Le logiciel des Lumières est un anti-humanisme. Il l’est dès l’origine et n’a eu de cesse, au cours de ces derniers siècles, de pénétrer les consciences pour les soumettre à son projet. Intention formulée explicitement par un autre grand illuminé, Jean-Jacques Rousseau "S’il est bon de savoir employer les hommes tels qu’ils sont, il vaut mieux encore les rendre tels qu’on a besoin qu’ils soient,- l’autorité la plus absolue est celle qui pénètre jusqu’à l’intérieur de l’homme, et ne s’exerce pas moins sur la volonté que sur les actions". Dissimulé derrière ses identités multiples, ce projet a réduit la conscience que les hommes ont de leur réelle identité et destinée à une peau de chagrin, les dépouillant des ressources que la civilisation chrétienne et classique avait patiemment fait murir en eux. Et se faisant, il a créé les conditions objectives de leur exploitation sans limite. Le terme de ce processus est la déréalisation totale de l’homme et de la politique et par conséquent de la démocratie, qui tend à être toujours plus virtuelle. En Suisse, nous avons été emporté un peu moins loin par cette lame de fond. Mais partout ailleurs en Europe et aux USA, les hommes ont été privés des outils institutionnels et surtout culturels et moraux permettant à la démocratie de travailler au bien commun.
Pour que la démocratie ne mue pas une nouvelle fois en un totalitarisme il n’y a désormais plus d’autre moyen que de porter la hache au principe même qui nous aliène : la conception de l’homme que les Lumières ont porté à bout de bras. La question politique décisive, cruciale, est désormais la question anthropologique. Faute de braquer les projecteurs sur cet enjeu, le processus de « déréalisation » de l’homme et de la politique ira à son terme, processus dont Debord disait qu’il constitue un moment où le faux est devenu le vrai apparent.

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